l'ardoise magique
- L'acheter à la Fnac
Editeur : Stock (03/03/10)
Collection : Bleue
ISBN-10: 2234064198
ISBN-13: 978-2234064195
Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde
d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. Celle qui a
sauté, c'est Alice. Elle est riche, jolie, et habite un quartier
résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère,
elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM.
Les deux amies s'étaient jurer de se suicider ensemble. En
rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister. Pourquoi n'a-t-elle
pas sauté ? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi
Alice voulait-elle en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi
au suicide ?
Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s'est passé
depuis qu'Alice a surgi dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué
une amitié si forte ? Qui était vraiment Alice ?
Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité
en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s'affranchir
pour gagner sa liberté.
revue de presse
Ouest
France - 6 juin 2010 La rédaction a lu...
Lorsque le train est passé, Alice, la riche et belle, a sauté.
Mais pas Mina, l'orpheline et pauvre, qui a rompu leur pacte. Elles
devaient se donner la mort en même temps. Sonnée et perdue,
Mina se réfugie dans une maison inhabitée et commence
une introspection pour comprendre pourquoi elle est encore vivante...
L'accroche du roman (le suicide commun) interpelle le lecteur. Très
vite, il se laisse embarquer par le récit de Mina, la narratrice,
et attend d'elle des clefs pour élucider cet acte terrible. Mais
celles qu'elle finit par lui donner ouvrent la porte d'une vérité
inattendue.
Anne-Flore Hervé
Point
de Vue - 6 mai 2010 Les états d'art de Valérie
Tong Cuong.
Elle a appris à jongler entre toutes ses vies. Ecrivaine, chanteuse,
coscénariste de Heart of blackness, l'adaptation au
cinéma de son roman Où je suis, maman épanouie
de quatre enfants, elle présentera son "dernier-né"
en littérature : L'Ardoise magique, sur la plage aux
Ecrivains, à Arcachon, les 8 et 9 mai prochains.
Mon dernier ouvrage révèle que la vie est parfois
inattendue. L'Ardoise magique commence par une scène
de suicide et pourtant ce roman est tout sauf un livre sur la mort.
Il parle de la beauté de l'existence. Le lecteur sera surpris
par ce qu'il va découvrir sur l'héroïne, Mina, et
qu'elle va elle-même réaliser... Je crois que j'ai réussi
mon coup ! J'espère que le lecteur se sent pris par la main,
embarqué... J'aime lorsque se croise le plaisir de l'écriture
avec l'intensité d'un personnage. Un lecteur m'a dit : "Mina
est toujours dans ma tête, je continue de penser à elle",
c'est le plus beau compliment que l'on m'ait fait.
Mes auteurs fétiches restent Samuel Beckett et William
Faulkner. J'aime leur traitement des personnages, leur façon
de leur donner du souffle et de m'emporter dans leurs histoires, avec
cette étrangeté chez Beckett et cette force qui me coupe
en deux chez Faulkner. On ne peut pas rester insensible à ces
écritures. Pour moi, la littérature doit être intense,
elle doit bousculer...
Certains auteurs peuvent vous accompagner. C'est le
cas pour moi de Dostoïevski. Vous vivez avec eux pendant un certain
temps, puis un autre prend sa place et vous lui ouvrez votre porte.
Je l'ai fait avec Camus, Gary, Kundera ou Barthes... J'ai énormément
lu plus jeune. Aujourd'hui, un peu moins, car le rythme de ma vie et
ma famille nombreuse ne m'en laissent pas le temps.
Je suis en train de découvrir Jacques-Stephen Alexis,
un grand auteur haïtien des années 1960. On me l'a conseillé
lors d'une discussion, à la suite du tremblement de terre sur
l'île. Ses romans sont poétiques et vivants à la
fois. Je lis en ce moment Compère Général Soleil
: rien que le titre est un poème. On est transporté dans
les ruelles de l'ancienne époque de Port-au-Prince.
Je recommande "Quand le mal est fait", de Nan Aurousseau,
l'histoire d'un homme qui prend sa retraite. Juste avant de partir on
lui demande d'aller chercher la clé d'un bureau dans les sous-sols
d'une tour où il se retrouve coincé. Tout est étrange
là-bas et il a tellement bu... Cela tourne au cauchemar dans
cette fantaisie barbare, au bon sens du terme, et tellement bien écrite !
Autre roman, celui de Tatiana de Rosnay, Le Voisin. Elle est
une originalité dans le paysage littéraire français.
Elle écrit des sortes de thrillers, mais pas à l'américaine.
Ses histoires sont à la fois angoissantes et subtiles. Et, bien
sûr, le premier roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre,
Fourrure, que j'ai beaucoup aimé !
Le cinéma français nous réserve de belles
années. Nous avons traversé une période
où il n'y avait pas de sang frais et aujourd'hui nous avons Remi
Bezançon avec Le Premier Jour du reste de ta vie, Pascal
Elbé avec Tête de Turc ou Jacques Audiard avec
Le Prophète... Sans oublier Lionel Mougin et Isabelle
Boni-Claverie, les réalisateurs qui travaillent sur les deux
adaptations cinématographiques de mes romans Providence
et Où je suis. Je suis une fan de Roman Polanski, et,
évidemment, j'ai adoré The Ghost Writer. Enfin,
j'irai voir le dernier documentaire de Michel Gondry, L'Epine dans
le coeur.
Je recommande le one-woman-show de la comédienne Delphine
Mc Carty. Il est drôlissime. Delphine Mc Carty dérape
est une excellente manière de poursuivre après un dîner
entre amis. C'est un régal !
Je ne me lasse pas de l'album de Benjamin Biolay, La Superbe.
Je sais que cela n'est pas très original mais sa musique est
magnifique et je partage son amour de Gainsbourg. Ses textes sont très
forts en émotion et son univers musical sublime.
Quand j'ai vraiment envie de me déconnecter,
j'adore regarder des séries. Parmi mes favorites : 24
Heures chrono, Desperate Housewives, Brothers and
Sisters, The Wire ou Breaking Bad. On ne peut
pas toujours être dans la réflexion, il faut parfois se
faire plaisir. Pour me détendre, je vais acheter un magazine
comme Elle. Sinon, je suis une accro de l'actualité
que je suis beaucoup sur Internet. Et j'achète Le Point
ou L'Express, selon leur dossier de couverture. Mais je ne
veux pas me sentire coincée dans cet espace intérieur
où il faut toujours réfléchir et nourrir la réflexion.
J'ai l'impression d'avoir plusieurs vies parallèles.
J'ai la chance d'avoir des journées extrêmement remplies,
mais ce sont aussi des journées de combat permanent. Tout cela
a un prix : je suis fatiguée à longueur d'année !
Pour mener à bien tous mes projets - mon premier restant ma famille
- j'ai développé des compétences acrobatiques...
et accepté d'être souvent imparfaite !
Lire
l'article scanné
Propos recueillis par Nathalie Feld
La
Vie - 8 avril 2010 La Vie aime passionnément
« l’ardoise magique »
Alice, jolie fille gâtée par la vie, et Mina, orpheline
insignifiante élevée sans amour par son oncle et sa tante
dans un quartier HLM, sont deux amies qui n’ont pas grand-chose
en commun, si ce n’est leur désir d’en finir. Du
haut d’un pont, l’une saute, l’autre pas. Dévorée
par la culpabilité d’avoir rompu leur pacte, révoltée
par son propre instinct de survie, Mina veut comprendre. Or plus elle
creuse, plus elle part à la dérive. A l’aide de
Sans-Larme, un barman gothique mais pragmatique qui l’aidera à
ouvrir les yeux sur une terrible vérité, elle rompra avec
cette spirale tragique... Dès les premières lignes, l’histoire
nous happe. L’ébauche simpliste des personnages (Alice,
la parfaite, Mina, la médiocre) donne d’emblée le
ton de la fable. Elle prend peu à peu tout son sens au fil de
chapitres courts, haletants, jusqu’à l’ultime rebondissement,
qui clôt en beauté cette plongée fluide et lumineuse
dans les pulsions morbides, et donc le désir de vivre, de l’adolescence.
Anne Berthod
L'Echo
Républicain - 10 avril 2010 Valérie
Tong Cuong publie
Dans L’ardoise magique, Valérie Tong Cuong narre la rencontre
de deux jeunes filles que tout oppose.
Avec L’ardoise magique, Valérie Tong Cuong nous gratifie
de son roman le plus subtil au niveau émotionnel. Contrairement
à ses précédents livres, la romancière braque
les projecteurs sur une héroïne, qui retient toute l’attention
du lecteur jusqu’à la dernière ligne.
Mina est une jeune fille qui démarre mal dans la vie. Orpheline
de père inconnu et d’une mère alcoolique, elle se
retrouve en pleine adolescence chez son oncle et sa tante qui l’accueillent
à contrecœur. Pour sortir de cette hostilité touchant
les sentiments, elle se lie avec une amie qui est tout son contraire.
Belle à pleurer, vivant dans un quartier chic, Alice est le côté
positif de la photo tandis que Mina est en arrière dans le négatif.
Mais un jour Alice met fin à leur liaison. Mina doit réapprendre
à vivre sans cette amitié. Elle doit se reconstruire pour
trouver sa voie et avancer dans la vraie vie sans béquille. Fait
de subtilité et de douceur, L’ardoise magique ne manque
pas de crisser sous la craie du destin.
Pourquoi avez-vous choisi un thème aussi dur ?
J’ai démarré avec une image, celle de deux jeunes
filles réunies sur un pont des chemins de fer. Un train arrive,
l’une saute et l’autre pas. Cela a surgi dans mon esprit.
J’ai su que j’allais pouvoir aborder des questions existentielles
comme la recherche du bonheur, le sens de la vie et le moteur de la
vie. Et puis, je voulais travailler sur un point : comment à
un moment donné, lorsque l’on est dans une impasse, on
se remet en marche, on trouve l’appétit de vivre.
Vous parlez d’appétit de vivre en orientant
les projecteurs sur le monde de l’adolescence…
Je pense que j’aurais pu très bien choisir un autre
contexte que l’adolescence puisque même adulte, on peut
se retrouver dans une impasse. Mais l’adolescence m’inspire
particulièrement parce que cela reste une période fascinante
et extrêmement difficile pour tout le monde. Peu de gens disent
qu’ils ont été heureux dans leur adolescence.
Comment mesurez-vous les conséquences de l’adolescence?
On voit des jeunes qui sont parfaitement à l’aise en
dehors mais qui vivent de grandes souffrances. Il y a des questions
existentielles qui surgissent relatives à la vie et à
la mort. Tout vous tombe dessus en un an ou deux. Ce sont des marmites
dont on a obstrué toutes les ouvertures. Parfois cela explose.
Espoir
Au cours de cette période, la communication n’est pas simple…
C’est difficile parce que les questions existentielles arrivent.
On les ressent très puis-santes et les adolescents ont beaucoup
de mal à les exprimer. Ils ne verbalisent pas en général.
Cela a un effet pervers. Les jeunes se renferment sur eux-mêmes.
Ils peuvent offrir au monde un visage où ils se sentent à
l’aise mais c’est là que cela peut déraper.
Il faut que la vapeur sorte. Si ce n’est pas le cas, cela peut
aller très loin. Il y a l’amour qui est un levier puissant
pour déverrouiller tout ça. Mais encore faut-il le trouver.
Comment sort-on d’une impasse pour re-trouver le chemin
de la vie?
La plupart du temps lorsque l’on est dans une impasse, on
a tendance naturellement à sombrer puisque l’on regarde
vers le bas. On ne voit plus que ça. Il faut que quelqu’un
d’autre vous permette de dire stop. C’est rarement soi-même.
Très souvent, des solutions sont là, pas si loin devant
nous mais encore faut-il avoir envie à un moment donné
de vouloir les voir.
Dans votre livre, il y a cette question obsédante
sur le sens de la vie...
La vraie question, c’est celle-ci : pourquoi vivre? Comment
trouver le carburant pour vivre? Lorsque l’on a le sens d’avoir
tout perdu aussi bien jeune que plus âgé, est-ce que l’on
a réellement tout perdu ? Est-ce qu’il n’y a pas
un moyen de reposer la question différemment? C’est le
moment d’essayer de re-garder sa vie avec un autre oeil. Et là,
on peut découvrir que l’on a des choses en nous et que
la vie est là.
On est loin d’un certain bonheur que l’on cherche
à nous imposer…
Lorsque l’on parle de concepts aussi pointus que le bonheur, il
faut avoir pu se dépouiller de tout, sous plusieurs formes. Ce
n’est pas que matériel. Le bonheur n’est pas forcment
caché dans le bien matériel.
Avec vous, on est devant le paradoxe d’un thème
difficile et d’une écriture d’une extrême douceur.
Je pense que la dimension la plus importante au regard du sujet,
c’est la fluidité de l’écriture. Il était
important de prendre le lecteur par la main et de l’amener à
aller jusqu’au bout du livre pratiquement sans respiration. Tout
cela suppose beaucoup de confort et de douceur. C’est toute la
difficulté, lorsque l’on veut traduire l’urgence
sans malmener le lecteur.
Propos recueillis par Pascal Hebert & Estelle
Guimbretier
JDD
- 4 avril 2010 "A la vie, à la mort"
Pour son septième roman, Valérie Tong Cuong renoue avec
ses thèmes de prédilections : le destin, le hasard,
les blessures du passé. Dans "Noir dehors" (Grasset,
2006), une panne générale plonge New York dans le chaos.
Dans "Providence" (Stock, 2008), à travers quatre destins
croisés, on découvrait comment plusieurs vies peuvent
basculer à partir d'un rien.
Dans "l'Ardoise magique", tout sépare Alice et Mina,
dix-huit ans. La première est belle, riche, bien née.
Un chauffeur vient la chercher tous les soirs au lycée pour la
ramener dans une luxueuse demeure. La seconde, au physique banal, vit
dans un HLM avec son oncle et sa tante depuis le décès
de ses parents. Pourtant, une amitié puissante va se nouer entre
les deux. Tellement puissante que lorsqu'Alice propose à Mina
d'"en finir avec tout ça", elles passent un pacte.
Se suicider. Mais le jour J, devant le train qui arrive à toute
vitesse, à la dernière minute, Alice saute. Mina, pas.
Le suspense s'accroît de page en page...
Incapable de revenir à sa vie d'avant, Mina prend la fuite, se
cache dans une petite cabane, en pleine forêt. Elle aura le soutien
inattendu d'un garçon étrange et attachant surnommé
"Sans-Larme", un de ces gothiques vêtus de noir et bardés
de têtes de mort, lui aussi enfermé dans une sorte de solitude,
mais qui parvient à lui faire voir les choses en face. Pourquoi
Alice voulait-elle en finir ? Parce qu'elle avait tout ? Que
cachait son existence, si lisse, si parfaite ?
Mina mène l'enquête pour tenter de comprendre qui était
vraiment son amie. Le suspense s'accroît de page en page, et quand
la vérité se révèle enfin, elle est glaçante
et inattendue. Valérie Tong Cuong réussit un roman "psy"
tout en finesse, teinté de résilience et d'espoir, malgré
des thèmes sombres.
Tatiana de Rosnay
Version
Femina - 21 mars 2010 Après "Providence",
prix Version Femina-Virgin Megastore 2008, Valérie Tong Cuong
nous étonne une nouvelle fois avec "l'Ardoise magique".
Deux jeunes filles, Mina et Alice, un pont, un train. L'une saute, l'autre
pas. Ces deux amies étaient déterminées à
changer leur vie. Mais peut-on tout gommer comme sur une ardoise magique ?
L'auteur est diabolique car, à mesure qu'on découvre
l'histoire, elle en déroule en réalité une autre.
On aime décidément bien sa musique si particulière.
A. M.
TGV
Magazine - mars/avril 2010 Qu'est-ce qui peut pousser deux
jeunes filles à braver la mort ?
Assises toutes deux au bord d'un pont surplombant des rails, l'une va
sauter, l'autre pas. L'auteur revient sur ce drame en menant
une enquête très poignante et n'hésite
pas, dans une langue précise, à pointer du doigt
les contradictions socioculturelles de notre temps.
Ph. d. F
ELLE
- 12 mars 2010 L’une saute, l’autre pas. Alice
et Mina, deux adolescentes, avaient signé un terrible pacte.
Mais la première s’est jetée sous le train tandis
que la deuxième est restée sur le pont. En état
de choc, Mina se réfugie dans une maison abandonnée, dévorée
par la culpabilité. L’une avait tout, l’autre rien.
Alice était belle, surdouée. Mina est seule, insignifiante.
Pourquoi a-t-il fallu que ce soit Alice qui saute ? Et comment
se fait-elle que, malgré le désespoir et la honte, Mina
se sente revivre ? Le nouveau roman de Valérie Tong Cuong
a la simplicité des fables : une riche face à une
pauvre ; une morte face à une vivante ; une héritière
face à une orpheline… Cette façon de raisonner par
grands blocs aurait quelque chose d’un peu stéréotypé
si, imperceptiblement, le cours des événements n’était
dévié, la logique subvertie. Renouant avec ses personnages
tourmentés, l’auteure de Big (1997) et de Noir dehors (2006)
livre une très convaincante plongée en apnée
dans l’univers mental d’une jeune fille en détresse.
Et une belle histoire de résilience qui nous prouve
que «nous sommes faits de la même étoffe que
les songes». La conclusion de l’Ardoise magique
ne s’effacera pas de sitôt de vos mémoires.
Patrick Williams
Marie
France. Avril 2010 Coup de cœur.
Amies à vie ? Elles avaient signé un pacte à
la vie, à la mort. Alice, riche et jolie, Mina, dans son ombre
et dans son HLM. Alice a sauté du pont, Mina non. Elle se cache
dans une maison abandonnée, rencontre un garçon, un peu
en marge lui aussi. Mina est minée, Alice est passée de
l’autre côté du miroir. Mina est troublée,
qui est-elle vraiment ? C’est elle qui se raconte, qui se
dévoile. Valérie Tong Cuong aime les zones d’ombre
qu’elle éclaire d’une écriture limpide, presque
douce, comme une confession murmurée à l’oreille
des lecteurs. Le charme opère.
Bernard Babkine
revue de presse web
Lire
est un plaisir
"Mort, où est ta victoire ?"
Doubles antithétiques et schizophréniques, Alice (une
adolescente riche, jolie, brillante et qui habite dans les beaux quartiers
d’une petite ville de province) et Mina (une pauvre orpheline
qui vit dans une HLM du même patelin avec ses oncle et tante du
genre Thénardier) ont scellé le pacte d’en finir
ensemble avec la vie en se jetant d’un pont sous un train. Le
moment venu, Alice saute, Mina pas. Devenue fugitive, elle rencontre
Sans-Larme, un jeune gothique qui la pousse à vouloir comprendre
ce qui s'est passé depuis qu'Alice est entrée dans sa
vie. Et les questions de fuser : pourquoi Mina n'a-t-elle pas sauté ?
Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle
en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ?
Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte ? Qui
était vraiment Alice ? Quel secret terrible dissimulait-elle
derrière son sourire éclatant ? Les ingrédients
du roman de Valérie Tong Cuong intitulé L’ardoise
magique paru tout récemment chez Stock à Paris pourraient
laisser croire à du mélo ou de la guimauve... Mais le
rebondissement final, habile et inattendu, induit une relecture téléologique
de cet ouvrage extraordinaire qui place le suicide et ses mystères
au cœur des interrogations du lecteur. Acte esthétique ou
de courage ? Jeu avec le feu ? Appel au secours ? Point
final d’une vie perçue comme à son point culminant ?
Aboutissement logique d’une souffrance vécue comme insupportable ?
Manière de marquer d’une empreinte indélébile
la mémoire de ceux qui ne nous voyaient pas ? Volonté
illusoire d’être enfin pleinement, mais dans le néant ?
Espoir de passer du mauvais au bon côté des choses ?
Et puis, pourquoi se suicider à deux ou à plusieurs ?
Par hâblerie, défi, désespoir partagé ou
par impression que cela sera moins difficile que si l’on meurt
seul ? Des interrogations souvent sans réponse, certes,
mais que chacun est amené à se poser un jour où
l’autre avec plus ou moins d’acuité...
Pour notre part, nous souhaitons longue vie à ce petit livre
d’une immense habileté et d’une finesse de ton remarquable,
sur ce sujet ô combien délicat.
Bernard Delcord
Le
blog de Thomas Clément
Cette semaine j'ai eu le plaisir d'être invité à
prendre l'apéro chez Valérie Tong Cuong à la veille
de la sortie de son nouveau roman. Elle me reçoit dans son vaste
salon décoré de guitares, d'imagerie rock, d'œuvres
d'art, de disques vinyles et bordé d'immenses étagère
débordant de littérature anglo-saxonne. J'avais adoré
"Providence" son formidable roman choral paru en 2008 (souvenez-vous)
et j'ai retrouvé exactement le même plaisir en dévorant
"L'ardoise magique" (Stock) sorti cette semaine [...]
Avec ce 7ème roman, Valérie confirme son talent
d'écrivain populaire au bon sens du terme, c'est à dire
dont les histoires parlent à tout le monde. Elle sait mieux que
personne nous faire entrer dans les sentiments de ses personnages. Son
style est d'une fluidité exceptionnelle, sans artifice, sans
trucages branchés. Avec cette jolie histoire, elle nous scotche,
nous émeut, nous ballade avant de nous achever avec un retournement
final pour le moins étonnant. On est presque un peu frustré
quand le roman se termine, on aurait aimé rester un peu plus
longtemps avec avec Mina et Alice, avec Sans-Larme,... avec Valérie
en fait.
Thomas Clément
Le
blog Raison et sentiments
Ce livre me faisait envie depuis que j'avais vu l'auteure en parler
dans Au Field de la nuit, lundi dernier. Récente passion je l'admets,
mais c'est comma ça. Je pensais ne pas pouvoir le lire avant
sa sortie en poche par manque de ressources, mais hier on m'a dit que
j'avais le droit d'acheter un livre (il y a des fois comma ça
où on ne pose pas de questions), et c'est ce que j'ai fait.
J'ai tout d'abord été déroutée par l'écriture
de ce livre ; par la netteté des phrases, la méticulosité
des descriptions, la justesse des propos. Tout me semblait trop bien
fait, trop juste, trop pensé, trop réfléchi. Je
ne voyais nulle trace de naturel, de folie, de danger. Rien que de sublimes
phrases, ciselées comme une pièce d'orfèvrerie.
Sentiment étrange donc ... Puis je me suis laissée emballée
par ces sublimes et parfaites phrases ; par leur musicalité si
étrange, mais si belle. Par la "clarté" de ce
qu'elles racontaient, par l'histoire que Mina nous contait.
Et si je m'attendais à une telle histoire ?! Le résumé,
les critiques, les propos de l'auteure lors de l'émission, rien
ne laissait présager ce que serait la fin. Ce que Mina aurait
à découvrir. Et même en lisant le livre on s'attend
à autre chose, l'auteur nous conduit à le penser, nous
ballade avec habileté.
Le début est singulier, évidement on le comprend quand
on connaît la fin, la suite est étourdissante, elle vous
prend au coeur, elle vous ballade, vous perd, vous retrouve. On est
abasourdie par ce que Mina découvre, on se demande si d'un moment
à un autre on va passer dans le mauvais, dans la caricature,
la surenchère, si la beauté du texte va se flétrir.
Mais rien de tout cela ne se passe ; comme le début, la fin du
livre est belle, lumineuse. Ni larmoyante, ni caricaturale.
En deux mots : Une étrange lecture ; une belle, très belle
lecture.
En lisant, j'ai pensé à : Curiosité, Anges.
Raison-et-sentiments
Le
blog décalé par Julie
Troublante rencontre entre une plume douce et fluide et une fiction
tourmentée...
Mina est l'héroïne. Mina est un oiseau blessé. Mina
n'a pas de chance, c'est le moins qu'on puisse dire. Mina a un passé
éclopé.
Une maman disparue des suites d'un penchant pour la boisson,une maman
négligente à la culotte toujours impeccable, une grand-mère
qui lustre et qui autorise à s'asseoir sur le canapé,
une grand-mère éteinte de chagrin suite au décès
de sa fille, un père inconnu au bataillon et, une tante marâtre
qui a honte les soirs de réception, un oncle qui joue l'hôte
indifférent et qui subvient aux besoins par obligation plus que
par affection.
Et en plus, Mina est insignifiante! Orpheline, effacée, presque
muette, une intelligence médiocre, un physique tout juste passable
et bon à être exilé de l'amour ad vitam eternam.
Mina, on ne sait même pas qu'elle existe la plupart du temps.
Enfin, c'est elle qui dit tout ça... parce qu'Alice !
Vous ne connaissez pas Alice ?
Un jour débarque Alice dans ce lycée morne où ne
se passe jamais rien. Oui, c'est l'arrivée d'Alice, la belle
Alice gâtée d'autant de qualités que d'argent de
poche, Alice aussi pétillante qu'intelligente, Alice et son chauffeur
personnel, Alice si jolie avec ses boucles blondes, "Alice cent
millions de pixels", qui s'intéresse à Mina, c'est
presque trop beau! Après toutes ces douleurs, tous ces affronts
à avaler, pour Mina, Alice est un miracle, un remède tout
en sourires et en compréhension.
Mais,quelques mois plus tard, Alice décide de mourir et n'en
démord pas. Mina est en colère, trouve la vie décidément
trop injuste ! Pourquoi cette décision ! Pour une fois
qu'elle avait une amie !
Alors Mina propose de faire le pas aussi...puisqu'après tout
elle pense que sa mort à elle est plus justifiable que celle
d'Alice.
Or lorsque le train arrive, Alice saute...mais Mina pas. Et Mina ne
comprend pas : pourquoi elle est toujours là, elle ?
Quel sursaut de vie a bien pu la retenir ? Quel espoir ? Comment
ne pas culpabiliser de sa lâcheté vis à vis de l'admirable
détermination d'Alice ?
Heureusement qu'il y aura Sans-Larme, heureusement qu'il y aura des
explications rationnelles pour ceux qui en cherchent, heureusement que
Valérie Tong Cuong aura tendu sur la route de Mina une main aussi
attentive que sensible.
L'ardoise magique est un roman étonnant non seulement parce qu'il
trompe le lecteur jusqu'à la fin mais aussi parce qu'on se laisse
porter par l'écriture avec une facilité déconcertante
qui fait qu'il se dévore en quelques heures, compulsivement.
Oui, pas envie de s'arrêter, juste pour ne pas laisser trop longtemps
Mina dans sa cabane enfantine, juste pour découvrir vite quel
abominable secret se cache derrière la mort d'Alice.
Alice... jolie héroïne au serre-tête sage de Lewis
Carroll qui fait actuellement l'objet de l'actualité sous les
caméras de Tim Burton. Alice, jolie blonde parfaite et sage qui
crapahute au pays de l'imaginaire...
L'ardoise magique est elle aussi toute d'actualité...
Julie
Le
blog d'Elisabeth Robert Un livre envoutant,
on le lit presque d’une traite tant on est dans les confidences
de Mina. Son destin, ainsi que celui d’Alice sont autant de preuves
que le manque d’amour peut conduire au pire.
Face aux rails, lorsque le TGV arrive, l’une saute. L’autre
pas.
Et c’est de cet instant où tout bascule que tout commence.
Mina est restée, Mina doit affronter ce choix, assumer le deuil
de sa meilleure amie, de son autre.
Je n’avais rien lu encore de Valérie Tong Cuong, désormais
je vais suivre sa route. Avec un style fin, léger comme un souffle
elle nous enveloppe dans ses bras, dans ses lignes. Chaque page est
une caresse où l’on prend plaisir à s’arrêter,
en effet dans les pages de cet auteur, nul doute, on se sent bien.
J’avais envie de secouer Mina et en même temps de l’observer
se sortir de son impasse. Curieuse de découvrir comment l’on
peut survivre à ce qui nous semble le pire... Désireuse
de comprendre que le pire qu’elle nous offre n’était
pas encore son véritable enfer.
Un roman que je recommande, j’ai la sensation d’un livre
vraiment abouti, le genre que l’on referme avec le ventre plein.
Un grand merci à Valérie Tong Cuong de nous emmener dans
un univers aussi désarmant et aussi touchant.
PS : Le titre du livre m’a rappelé ce jeu où l’on
écrit sur une ardoise, ensuite on la retourne, on secoue et tout
s’efface. En quelque sorte c’est le destin de Mina...
Elisabeth Robert
ados.fr
L'une sans l'autre
Le jour où Alice arrive dans la classe de Mina, celle-ci n’imagine
pas qu’elles deviendront un jour amies. Parce que contrairement
à Mina, Alice a tout pour plaire : belle, bien habillée,
des parents riches, elle se révèle aussi cultivée
et bonne élève. La fille parfaite ! Quoique très
mystérieuse... Des mois plus tard, leur amitié les amènera
au bord d’un pont, d’où elles ont promis de sauter
ensemble. Alice ira jusqu’au bout, laissant Mina au bord de la
route.
Alice et Mina sont voisines au lycée mais ne se parlent pas.
Mina, fascinée, se contente d’observer cette fille qui
est à l’opposé d’elle. Depuis le décès
de sa mère, Mina vit chez son oncle et sa tante, et ce nouveau
foyer froid, sans amour, la rend malheureuse. Tandis qu’Alice
vit dans les beaux quartiers de la ville, Mina habite un HLM. L’une
a un chauffeur, l’autre prend le bus... Bref, leurs seuls points
communs sont de se sentir isolées au lycée et de grandir
dans une famille qui ne leur correspond pas.
Engagée corps et âme dans cette amitié, Mina ne
s’aperçoit pas que sa relation avec Alice est déséquilibrée.
Ce n’est qu’après le suicide de son amie qu’elle
va en prendre conscience, avec l’aide de Sans-Larme, son nouveau
compagnon de solitude : «Connaissais-je vraiment Alice ?
Je ne savais d’elle que ce qu’elle avait bien voulu me dire.
Elle était apparue, et je l’avais aimée aussitôt,
à l’instinct. Je n’avais pas enquêté,
je ne l’avais pas interrogée. (…) Je lui avais raconté
mon passé, mais elle, rien. Ou si peu. Elle n’avait livré
que des généralités. Un tableau impressionniste.»
Sans Alice, Mina n’a plus aucune raison de vivre, suppose-t-elle.
Mais que cachait son amie ? Pourquoi n’a-t-elle jamais montré
à Mina l’endroit où elle vivait ? Ces mystères
à résoudre donnent à Mina la volonté de
continuer d’exister. En commençant par aller à la
rencontre des parents d’Alice, dans leur luxueuse maison.
Entre les souvenirs et le présent, L’ardoise magique analyse
un sentiment, l’amitié, dans toute sa complexité.
L’extrême complicité se mêle au mystère,
l’admiration de l’autre au rejet de soi... A force de se
dévaloriser, Mina a déformé, idéalisé
sa perception d’Alice. Et en découvrant ce que son amie
a voulu lui cacher, elle en apprend surtout sur elle-même. Elle
prend aussi conscience que le destin qui s’annonce pour elle n’est
pas si sombre qu’elle le craignait. Quant au retournement final,
Valérie Tong Cuong l’amène avec adresse. Il éclaire
tout le roman d’une lumière nouvelle, incitant même
à le lire une seconde fois...
Madeleine Bourgois
L'univers
de Koryfée
L'ardoise magique, Valérie Tong Cuong : une lecture koryféerique !
«Ce qui ne va pas, c’est que je n’ai pas sauté.
Ce qui ne va pas, c’est qu’elle, elle a sauté.»
Voilà cette pensée térébrante qui hante
Mina, tandis qu’elle a rompu le pacte scellé avec sa meilleure
amie, Alice : se suicider ensemble en se jetant sous un train.
A la dernière seconde, elle n'a pas pu...
Mina, adolescente complexée, repliée sur elle-même,
transparente dans le regard des autres et surtout dans le sien. Mina,
de père inconnu, de mère décédée
rongée par l’alcool, élevée par des proches
qui voient en elle un fardeau. Mina au passé très lourd,
absente à son présent, à l’avenir bouché.
Mina, qui se sent encore plus mina-ble désormais.
Tandis qu’Alice... Alice, son double inversé, avait en
apparence tout pour être heureuse. Solaire, spirituelle, belle,
intelligente, érudite, élevée dans l’aisance
matérielle. Alice à qui il ne manquait rien... en apparence.
Alors pourquoi, pourquoi Alice a-t-elle pris cette décision et
l’a-t-elle suivie jusqu’au bout ? Car si Mina l’a
rejointe dans ce désir de mettre fin à ses jours, elle
réalise l’avoir fait sans jamais comprendre les motifs
de son amie. Pourquoi Alice, vivant «au pays des merveilles»,
éprouvait-elle ce désenchantement ? L’image
inversée d’elle-même qu’elle lui offrait dans
le miroir de leur ineffable amitié était-elle un faux-semblant ?
Ce miroir reflétait-il ce que Mina voulait voir et non ce qui
était vraiment ? Car qui était Alice réellement,
profondément, au plus secret de son cœur et de son âme ?
Ce reflet d’un être à qui la vie sourit n’était-il
qu’une projection d’un idéal fantasmé ?
Etait-ce un miroir sans tain, lequel se laisse regarder mais empêche
de voir au-delà de lui ?
Là se trouve la clef du mystère qu’il appartient
à Mina de percer. Car en perdant Alice, elle a perdu l’Amie
par excellence, celle qui comprend tout au premier regard, celle qui
vous donne plus de confiance que vous n’en avez en vous-même,
celle qui répond toujours présente. Celle dont la simple
existence illumine votre vie. Et d’investiguer, encouragée
par un autre éclopé de la vie que le destin mettra sur
sa route : Sans-Larme, un barman gothique un peu marginal, plein
de bon sens, de lucidité, touchant d’altruisme et désireux
de permettre à l’adolescente perdue de retrouver des balises.
Quel est le sens de la vie ? Quelles sont ses authentiques valeurs ?
Où se situe l’essentiel ? Subit-on l’avenir
ou le fait-on ? C’est à ces questions que Mina devra
répondre pour résoudre l’énigme de la mort
de son amie et... celle de sa propre survie.
Avec une fluidité exemplaire, une tension constante et une sensibilité
à fleur de plume, Valérie Tong Cuong nous emmène
sur les traces de Mina, sur son «parcours initiatique»,
jusqu’à la chute finale, somptueusement inattendue, vertigineusement
belle. Elle nous montre brillamment que le manque peut générer
deux attitudes : là où certains y puisent un surcroît
de vie, une volonté farouche de le combler, d’autres s’y
laissent dépérir, assis dans un fauteuil de lamentations
stériles. Alors, être acteur de sa vie ou simple spectateur ?
Modifier le prisme de son regard pour savoir déceler les richesses
de l’existence et les faire prospérer ou ne se focaliser
que sur ce qui ne va pas ? Un roman poignant, véritable
ode à la vie, au sujet duquel Christian Bobin aurait pu écrire
«Il faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait
ce qu'un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par
l'âme.».
Karine Fléjo
alalettre
Ah si seulement Alice n’avait pas sauté !
Éblouissant et prodigieux ce septième roman de Valérie
Tong Cuong. Le titre - L’ardoise Magique - ressemble à
celui d’un conte de fées et pourtant la première
page nous plonge en plein cauchemar : Deux amies de dix-huit ans
sont assises sur la rambarde métallique d'un pont. Un TGV surgit.
Elles se sont juré de se suicider ensemble. Alice, la plus jolie,
celle qui habite un quartier résidentiel, saute. Mina, orpheline,
vivant chez une tante antipathique et étriquée, rompt
le pacte. Elle s’enfuit. Puis elle nous confie son histoire.
Tel est l’un des dons de Valérie Tong Cuong de jouer si
magnifiquement avec l’ombre et la lumière et de souffler
tour à tour le chaud et le froid. L’ardoise Magique commence
par nous faire frissonner dans les sous-bois lors d’une nuit de
cafard puis nous réchauffe immédiatement d’un rayon
de soleil automnal.
Mina et Sans Larme, un barman gothique qui deviendra son compagnon d’infortune
, ont leur lot de blessures et de fêlures . Ils pourraient se
refermer sur eux-mêmes, et pourtant grâce à la générosité
de l'auteure de Providence, ils se rapprochent et s’apprivoisent.
Ils passent du mutisme à la confidence, de la solitude à
la tendresse, du désespoir à la reprise en main de leur
propre histoire.
« Il n’y a pas de bien et de mal, pas de noir ou de
blanc, il y a ce que je décide de faire à partir du monde
que j’analyse avec mes propres clés. Je suis maitresse
de ma vie et de chacun de mes choix. Penses y ».
Des chapitres très courts, haletants, une construction lumineuse,
une imagination inouïe et surtout une tendresse communicative pour
des personnages qu’on on a envie de protéger dès
le premier regard.
Malgré les drames, la mort qui rôde, les souffrances de
l’enfance, les survivants de l’Ardoise magique ont décidé
de vivre debout et nous offrent la plus belle des leçons d’optimisme.
Dans un monde livré au chacun pour soi, à la consommation,
au superficiel, et à la réussite, Valérie Tong
Cuong rend hommage aux laissés-pour-compte et nous offre une
magnifique histoire d’amour et d’amitié.
Ce roman est à couper le souffle.
Guy Jacquemelle
impudique.net
L’ardoise magique est un de ces romans qu’on lit d’une
traite. Valérie Tong Cuong impose des images : deux jeunes
filles, un pont, un train, un saut. Et puis, par petites touches, elle
dépeint un autre scénario et toute l’histoire à
laquelle on commençait à croire s’efface pour devenir
autre.
C’est là, tout le principe d’une ardoise magique,
non ? L’ardoise magique, ce support créatif fait pour
stimuler l’imagination des enfants… L’enfant dessine,
efface, dessine un nouveau paysage, un autre bonhomme.
Tout autour de nous, il existe des êtres que la vie secoue comme
le ferait un tambour de machine à laver le linge en mode essorage.
Valérie Tong Cuong raconte Mina et Alice, deux amies prêtes
à tout pour que leur vie change. Est-il possible d’effacer
sa vie comme on efface le dessin qui figure sur une ardoise magique ?
L’ardoise magique est un roman fort sans être lourd, noir
sans être glauque et rempli d’espoir sans être fleur
bleue. Bien loin de ces romans français dont l’auteur ne
sait parler que de son nombril. De la bien belle ouvrage !
Cali Rise
Le
Mag Chic
Attention, c'est à un train d'enfer que vous allez embarquer
pour le nouveau livre de Valérie Tong Cuong; sans crier gare,
ces 176 pages vont mettre à mal vos certitudes et vous allez
découvrir qu'une vérité peut en cacher une autre...
L’auteur nous avait déjà secoués avec Providence
et son patchwork existentiel plus que réussi mais peut-on rééditer
un succès après un prix littéraire ? Avec Ardoise
Magique, la réponse est OUI, nous retrouvons le souffle de Valérie
qui traverse tous ses romans et ce dernier titre est particulièrement
réussi ! Une minute après avoir ouvert le livre, je me
suis surpris à le lire dans la rue, dans le métro,au restaurant….
mais pourquoi ? Sans doute pour cette sensation étrange qui se
dégage au fil des pages,la force du récit, l'émotion
aussi...
Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train
surgit. L'une saute, l'autre pas. Celle qui a sauté, c'est Alice.
Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre
s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son
oncle et sa tante dans le quartier des HLM. Les deux amies s'étaient
juré de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd
toute raison d'exister.Pourquoi n'a-t-elle pas sauté ? Qu'est-ce
qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir
?
Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ? Devenue fugitive, Mina
cherche à comprendre ce qu'il s'est passé depuis qu'Alice
a surgi dans sa vie.Qui était vraiment Alice ? Pourquoi leur
amitié était-elle si forte ? Dans un paysage post industriel
ravagé par la crise, le lecteur navigue dans un univers trouble,
dans une intrigue où l’auteur s’ingénie à
brouiller les cartes, ménageant le suspense jusqu’au bout.
Le lecteur est vite habité par les personnages qui ne le lâchent
plus d’une semelle. avec une Mina bouleversante dans sa recherche
de l’autre
Comme elle,on a tous eu dans nos vies son autre, son modèle…des
fois la réalité est trop lourde et on a tant envie de
la partager... L’auteur fait-elle allusion à son passé
ou manifeste-t’elle de façon remarquable une profonde empathie
pour les mal aimés ? Une chose est sûre, elle aime ses
personnages. Elle réhabilite à travers eux-ci tous les
sans grade,les laissés pour compte et leur donne le code pour
transgresser l’idée que l’argent est le bonheur et
brise à jamais le tabou de l’apparence !!!!
C’est en ce sens que le livre atteint sa dimension sociale bien
traduite par le regard bleu que Valérie porte sur ses contemporains.
En mettant en exergue Albert Camus "Il n’y a pas d’amour
de vivre sans désespoir de vivre" elle ne pouvait pas imaginer
qu’elle allait, comme son auteur favori, nous mettre à
l’envers et à l’endroit. Démarrant par un
double suicide , espoir de ceux qui n’en ont plus ,l’opus
délivre un tout autre message et donne à celles et ceux
qui n’ont plus cette envie de vivre cette foi dans l’avenir
!!Beau paradoxe...
Ce livre est à mettre entre les mains des parents et des enfants.
.une belle leçon de vie !!!
A rembourser par la sécurité sociale et à mettre
dans tous les lycées de France et de Navarre.
Douché par une fin étourdissante, l’ardoise magique
à laquelle Valérie fait allusion, n’a pu effacer
de ma mémoire cet instant de lecture envoûtant.
La seule critique que je pourrais faire est celle que je fais à
mes amis, après un instant privilégié : "Vous
partez déjà ?"
Le livre se referme avec le sourire de Valérie en filigrane……
alors à vous de l’ouvrir pour continuer mon bonheur de
lecture.
On attend déjà le printemps prochain…… celui
d’un prochain ouvrage !
Henri Delorme
coin des libraires
FNAC Paris - Forum des Halles Coup de coeur
>> Deux adolescentes, un suicide, une rencontre... et
l'espoir.
Pascale
FNAC Reims Coup de coeur >>
A lire ! Valérie Tong Cuong nous offre un joli roman sur
l'adolescence traumatisée. Simple et agréable à
lire, on essaie de comprendre avec Mina (le personnage principal du
livre) les raisons du suicide d'Alice, sa meilleure amie et celle qui
lui avait redonné le goût de vivre, jusqu'à la surprenante
fin de ce livre.
Virginie
Le Furet du Nord, Valenciennes Un roman fort sur
la détresse de certains adolescents qui vivent en équilibre
sur le fil de la vie en s’aidant de subterfuges, de ressources
insoupçonnées, de rencontres parfois salvatrices. Après
Providence (son précédent roman à lire absolument),
l’auteur explore avec finesse la fragilité et la force
de ces héros du quotidien que sont Mina, Alice et Sans-Larme
dans une histoire au retournement subtil. Laissez-vous toucher par ce
roman psychologique porteur d’espoir.
Corinne
Librairie Pages d'Ecriture, Saint Yrieix la Perche Alice
et Mina sont adolescentes, habitent la même ville mais pas le
même quartier. Car Alice est belle et riche, tandis que Mina vit
avec son oncle et sa tante depuis la mort de sa mère, un oncle
un peu effacé et une tante très envieuse. "J'avais
seize ans lorsqu'elle est apparue. Dans ce lycée où tout
le monde se connaissait depuis l'enfance, il y avait parfois des départs
mais jamais d'arrivées: ce fut un évènement (...)
Il y avait deux places libres, l'une devant près de la fenêtre,
l'autre au milieu à côté de moi. Elle a hésité
un instant, puis a traversé la classe pour me rejoindre sous
les murmures insistants des derniers rangs."
Rien ne semble les lier et pourtant, une amitié va se créer
entre les deux adolescentes. Une amitié fondée sur un
mal de vivre, même si Mina qui se dit effacée, transparente,
ne comprend pas comment Alice peut éprouver les mêmes sentiments
qu'elle en vivant "le cul dans la soie".
De longues discussions, des réflexions et des interrogations
sur leur vie et leur avenir les réunissent chaque jour, toujours
chez Mina comme si l'on ne pouvait parler de la tristesse de la vie
que dans un quartier triste, dans une maison triste. Jusqu'au moment
où Alice prend la décision d'en finir. Jusqu'au moment
où Mina décide de la suivre dans son dernier acte. "Je
n'en peux plus de contempler le néant, avait soupiré Alice
en m'annonçant sa décision dans la cour du lycée.
je n'ai plus rien à faire ici mais je sais que même toi,
tu ne le comprendras pas. C'est seulement après que tu le sauras.
Elle avait raison, j'avais beau analyser sous tous les angles possibles,
je ne voyais pas en quoi sa vie méritait une conclusion pareille."
Mais lorsque les deux jeunes filles se retrouvent sur le parapet, au-dessus
de la voie de chemin de fer, seule Alice ira jusqu'au bout. Et pour
Mina commencera un parcours difficile de "survivante", "celle
qui n'a pas sauté. Celle qui a rompu le pacte - qui plus est
sans possibilité de revanche." Car qui croira que c'est
Alice qui a eu l'idée de cette fin tragique ? Comment Mina
pourra-t-elle s'en sortir ? Peut-être vaut-il mieux affronter
le présent, trouver la vérité qui se cache derrière
Alice, comprendre pourquoi cette amitié fut si importante aux
yeux de Mina ? "Il dit que régler la question Alice
est importante, mais que l'essentiel est de régler la question
Mina."
J'ai terminé ce livre depuis un moment déjà, mais
j'ai mis du temps à pouvoir en parler. Non pas parce qu'il ne
m'avait pas plu, bien au contraire, mais parce que ce livre représente
un défi pour un libraire ! Comment raconter qu'il est bien
autre chose que ce qu'en dit la quatrième de couverture sans
dévoiler l'histoire et son dénouement ? Car
ce qui ressemble à un roman introspectif sur l'adolescence, un
roman triste et sans espoir (le livre débutant sur une décision
de suicide), se révèle être un roman empli de questionnements,
certes, mais aussi de beaux sentiments d'amitié et d'espoir qui
apparaissent au fil des pages. Mina la survivante ne pourra
contenir ces sentiments trop forts pour elle: elle devra les dire, mettre
des mots sur son malaise, affronter ses peurs et ses incertitudes pour
mieux s'affranchir du passé et voir son avenir. Effacer l'ardoise
magique et recommencer. Aucun sentiment de malaise ou de tristesse
à la lecture, juste l'envie de comprendre ces deux jeunes filles.
C'est en tout cas ce qui m'a poussé à tourner les pages
de ce roman à l'écriture précise, concise, sans
aucun mot en trop, et douce.
Catherine Demontpion
Le blog de l'Espace Culturel Leclerc
Le titre - L'ardoise Magique - ressemble à celui d’un conte
de fées et pourtant la première page nous plonge en plein
cauchemar : Deux amies de dix-huit ans sont assises sur la rambarde
métallique d'un pont. Un TGV surgit. Elles se sont juré
de se suicider ensemble. Alice, la plus jolie, celle qui habite un quartier
résidentiel, saute. Mina, orpheline, vivant chez une tante antipathique
et étriquée, rompt le pacte. Elle s’enfuit. Puis
elle nous confie son histoire.
Tel est l’un des dons de Valérie Tong Cuong de
jouer si magnifiquement avec l’ombre et la lumière et de
souffler tour à tour le chaud et le froid. L'ardoise
Magique commence par nous faire frissonner dans les sous-bois lors d’une
nuit de cafard puis nous réchauffe immédiatement d’un
rayon de soleil automnal.
Christelle